Le data manager organise les données d’une entreprise pour qu’elles soient fiables, documentées, sécurisées et conformes au RGPD. Ce guide explique le métier, ce qui le distingue du data analyst ou du chief data officer, les formations qui y mènent (études, certifications, reconversion), les salaires des postes proches publiés en 2026 et les parcours AI2 qui y préparent.
Qu’est-ce qu’un data manager ?
Le data manager est le responsable opérationnel de la gestion des données : il définit avec les métiers les règles de qualité, tient à jour les référentiels et la documentation, gère les droits d’accès et veille au respect de la réglementation. La stratégie data relève en général du chief data officer.
Le répertoire des métiers de France Travail (ROME 4.0, octobre 2026) n’a pas de fiche « data manager » : l’intitulé y est une appellation de la fiche M1811 Data engineer et, sous la forme « biostatisticien data manager », de la fiche K2403 Biostatisticien. La gouvernance relève de la fiche M1423 Chief Data Officer. Une offre « data manager » peut donc viser trois profils :
- Le data manager orienté gouvernance : règles de qualité, définitions métier, référentiels (clients, produits, fournisseurs) et contrôle des accès, souvent sous l’autorité d’un chief data officer.
- Le data manager orienté plateforme : il gère les bases, les flux et les entrepôts de données, comme un data engineer.
- Le data manager en recherche clinique : il conçoit et contrôle les bases de données des études cliniques, avec les biostatisticiens.
Lisez donc les missions de quelques offres réelles avant de choisir une formation.
Data manager, data steward, data analyst, CDO, DPO : qui fait quoi ?
Ces métiers travaillent sur les mêmes données à des niveaux différents ; dans une petite structure, une seule personne peut cumuler plusieurs rôles.
| Métier | Rôle principal | Référence ROME (France Travail) |
|---|---|---|
| Chief data officer (CDO) | Définit la stratégie et la gouvernance des données, encadre les équipes data | M1423 Chief Data Officer |
| Data manager | Met en œuvre la gouvernance : règles de qualité, référentiels, documentation, accès | Appellation de M1811 Data engineer et de K2403 |
| Data steward | Garant des données d’un domaine métier (finance, clients, produits) : définitions, qualité, corrections | Pas de fiche dédiée |
| Data analyst | Analyse les données et produit tableaux de bord et études | M1419 Data analyst |
| Data engineer | Construit et maintient les flux et plateformes de données | M1811 Data engineer |
| Délégué à la protection des données (DPO) | Informe, conseille et contrôle la conformité au RGPD | K1906 Délégué à la protection des données |
Le data manager organise les données au quotidien ; le DPO veille à la protection des données personnelles et sert de contact avec la CNIL. Pour le détail du métier voisin d’analyste, voir la fiche métier data analyst.
Les missions du data manager
Gouvernance des données
La gouvernance consiste à décider qui est responsable de quelle donnée, selon quelles règles et avec quels contrôles. Concrètement, le data manager :
- rédige ou fait valider les définitions métier (qu’est-ce qu’un « client actif », un « chiffre d’affaires net ») dans un glossaire partagé ;
- tient le catalogue des données : sources, propriétaires, fréquence de mise à jour, niveau de sensibilité ;
- organise les référentiels de données maîtres (master data) pour éviter qu’un même client existe sous trois codes différents ;
- gère les droits d’accès avec la sécurité informatique et documente qui peut lire, modifier ou exporter quoi ;
- anime le réseau des data stewards et arbitre les conflits de définition entre services.
Qualité des données
Une donnée de qualité est exacte, complète, cohérente d’un système à l’autre, à jour, unique (sans doublon) et conforme au format attendu. Le data manager traduit ces critères en règles mesurables (par exemple « le code postal est renseigné et valide pour chaque client »), les fait contrôler automatiquement dans les flux, suit des indicateurs de qualité dans un tableau de bord et organise la correction des anomalies avec les équipes concernées.
Exemple de mission. Les ventes en ligne et en magasin d’un distributeur ne se réconcilient pas. Le data manager découvre que les deux systèmes n’utilisent pas le même référentiel produit, fait arbitrer une définition commune, ajoute un contrôle de cohérence dans le flux de chargement et suit chaque mois le taux de produits non rapprochés.
RGPD et conformité
Le data manager n’est pas juriste, mais la conformité passe en grande partie par l’organisation des données. Le RGPD impose notamment :
- de tenir un registre des activités de traitement (article 30), que le data manager aide à alimenter parce qu’il sait où se trouvent les données ;
- de désigner un délégué à la protection des données (article 37) dans les organismes publics et dans ceux dont l’activité de base repose sur un suivi à grande échelle des personnes ou sur des données sensibles traitées à grande échelle ;
- de respecter des durées de conservation, de limiter les données collectées et de sécuriser les accès.
Les manquements les plus graves peuvent être sanctionnés par une amende allant jusqu’à 20 millions d’euros ou 4 % du chiffre d’affaires annuel mondial, le montant le plus élevé étant retenu (article 83 du RGPD). D’autres textes européens touchent aussi le métier : le règlement sur les données (Data Act), applicable depuis le 12 septembre 2025, encadre l’accès aux données générées par les objets connectés, et le règlement européen sur l’IA (AI Act) consacre son article 10 aux données et à la gouvernance des données des systèmes d’IA à haut risque.
Compétences et outils du data manager
| Famille | Compétences attendues | Exemples d’outils |
|---|---|---|
| Données | Modélisation, SQL, contrôle de qualité, gestion des données maîtres, métadonnées | PostgreSQL, SQL Server, outils d’ETL, catalogue de données |
| Analyse et restitution | Indicateurs de qualité, tableaux de bord, notions de statistique | Power BI, Tableau, Excel, Python |
| Réglementation | RGPD (registre, durées de conservation, droits des personnes), sécurité des accès, notions de Data Act et d’AI Act | Registre des traitements, matrices de droits |
| Organisation | Gestion de projet, rédaction de procédures, animation d’un réseau de data stewards | Outils de suivi de projet, wiki, glossaire |
| Relationnel | Pédagogie, négociation entre services, communication avec la direction | Comités de gouvernance, ateliers |
Quelle formation pour devenir data manager ?
Le niveau d’études attendu
Le ROME donne des repères pour les métiers voisins : la fiche Chief Data Officer indique un « Bac + 5 Master en data management, statistique, data science ou big data, marketing », la fiche Data engineer un niveau Bac+2 à Bac+5 (master 2 en informatique, data science ou statistique, ou école d’ingénieurs), et la fiche Data analyst un niveau Bac+3 à Bac+5. Pour un poste de data manager, un Bac+5 est donc la référence, un Bac+3 suivi d’expérience pouvant suffire pour des fonctions plus opérationnelles.
Les grandes voies de formation
| Voie | Ce que l’on obtient | Points d’attention |
|---|---|---|
| Master universitaire (informatique, MIAGE, statistique, data science) | Diplôme national conférant le grade de master | Candidature en première année via la plateforme Mon Master ; contenus parfois plus théoriques sur la gouvernance |
| École d’ingénieurs avec option data | Diplôme d’ingénieur (grade de master) | Sélection sur concours ou dossier ; profil plutôt technique |
| Mastère d’école privée en data | Titre enregistré au RNCP de niveau 7 (équivalent Bac+5, sans grade de master) | Vérifier la fiche RNCP officielle, son certificateur et sa date d’échéance |
| Formation courte ou bootcamp | Compétences opérationnelles, parfois un bloc de compétences RNCP | Utile en reconversion ; ne remplace pas un niveau Bac+5 pour les postes de gouvernance |
| Certification professionnelle (CDMP, Microsoft) | Attestation de connaissances reconnue par la profession | Complète un diplôme et une expérience, ne les remplace pas |
La différence entre grade de master, titre RNCP et certification est expliquée dans notre guide du titre RNCP. Quel que soit le cursus, regardez la place réelle de la qualité des données, de la modélisation, du SQL et du RGPD dans le programme, ainsi que la possibilité de faire une alternance.
Les certifications utiles
- CDMP (Certified Data Management Professional), délivrée par l’association DAMA International sur la base du référentiel DAMA-DMBOK (2e édition). Trois niveaux : Associate (moins de 2 ans d’expérience), Practitioner (2 à 10 ans) et Master (plus de 10 ans, avec expérience d’encadrement). L’examen se passe en ligne sous surveillance, coûte 300 dollars par examen et la certification se renouvelle tous les 3 ans (dama.org, consulté le 25 octobre 2026).
- Microsoft Certified : Power BI Data Analyst Associate (examen PL-300), pour la préparation, la modélisation et la restitution des données dans Power BI. Examen de 100 minutes proposé en français, renouvellement gratuit tous les 12 mois (Microsoft Learn, page mise à jour en avril 2026).
Devenir data manager en reconversion
Une reconversion part le plus souvent d’une connaissance métier (finance, logistique, santé, marketing) à laquelle on ajoute des compétences data :
- acquérir les bases (SQL, modélisation, un outil de BI) par une formation courte ;
- prendre un rôle de référent données, de data steward ou d’analyste dans son domaine, et documenter ses réalisations ;
- viser une formation de niveau 7 en alternance, ou une VAE si l’expérience couvre déjà les compétences d’un titre ;
- formaliser ses connaissances par une certification comme le CDMP Associate.
Chez AI2, la formation Data Scientist éligible au CPF dure 35 heures pour 1 990 € et valide le bloc de compétences RNCP39978BC04 ; une participation forfaitaire de 150 € reste à la charge du titulaire du CPF. Le bootcamp Data Scientist (415 heures en 12 semaines) peut être financé par Paris Code, la POEI ou le CPF. Elles apportent la base technique, pas la partie gouvernance.
Les parcours AI2 qui mènent au data management
AI2 ne propose pas de cursus intitulé « data manager ». Ses programmes mènent d’abord aux postes de data analyst, d’analyste BI ou de data engineer, d’où l’on évolue vers la gouvernance et la qualité des données avec l’expérience.
| Parcours AI2 | Accès | Certification préparée | Lien avec le data management |
|---|---|---|---|
| Bachelor IA et Data Science | Après le bac, 3 ans, 7 000 € par an | Titre RNCP de niveau 6 | Bases en programmation, bases de données et analyse |
| Bachelor 3e année Data Analytics et IA industrielle | Après un Bac+2 (BTS, BUT, L2), 1 an, 7 000 € | Titre professionnel Développeur intégrateur en informatique industrielle (RNCP41370, niveau 6, ministère du Travail) | Modules SQL et NoSQL, ETL et qualité des flux, BI industrielle, droit et éthique des données (RGPD en contexte industriel) |
| Mastère 1 Data Science et IA | Après un Bac+3, 1 an (500 heures), 7 500 € | Première année du cycle Mastère | SQL et bases de données, pipelines de données (Airflow, Kafka, dbt), module droit et éthique abordant le RGPD et la gouvernance des données |
| Mastère 2 Data Analyst | Après un Bac+4, 1 an, 8 000 € | Titre RNCP de niveau 7 | Module « Qualité des données et gouvernance » (traçabilité, qualité, conformité), SQL avancé, BI ; débouchés annoncés : data analyst, business analyst, analyste BI, data consultant |
| Mastère 2 Ingénierie Data et DevOps | Après un Bac+4, 1 an, 8 000 € | Titre RNCP de niveau 7 | Pipelines, entrepôts et lacs de données, contrôle qualité intégré aux flux, sécurisation des accès et bonnes pratiques de gouvernance ; débouchés : data engineer, data platform engineer |
Les Mastères 2 préparent des titres de niveau 7 enregistrés au RNCP (RNCP39978 ou RNCP40554, certificateur DATAKOO SAS, société du groupe AI2), le titre préparé étant confirmé à l’inscription. AI2 prépare ces titres et délivre en plus son propre diplôme d’établissement. Ils sont accessibles en alternance (0 € pour l’étudiant, frais payés par l’entreprise et son OPCO, étudiant rémunéré), au campus d’Écouen (Val-d’Oise) ou à distance au même tarif, avec des rentrées en janvier, mai et septembre 2027.
Data manager : quel salaire ?
Aucune source publique (Insee, Dares, France Travail) ni aucune grande étude de rémunération ne publie de salaire « data manager ». Voici les grilles des postes les plus proches, publiées par Michael Page (Étude de rémunérations 2027, salaires bruts annuels fixes en région parisienne, hors variable) et Silkhom (baromètre informatique du 30 juin 2026).
| Poste proche du data manager | Salaire bas | Moyenne | Salaire haut |
|---|---|---|---|
| Analyst BI, data analyst, data steward | 40 000 € | 57 500 € | 80 000 € |
| Chef de projet BI, big data | 45 000 € | 62 500 € | 85 000 € |
| Data engineer, data scientist | 45 000 € | 59 000 € | 80 000 € |
| Data protection officer | 40 000 € | 58 000 € | 85 000 € |
| Architecte data | 70 000 € | 85 000 € | 100 000 € |
| Directeur data, chief data officer | 80 000 € | 115 000 € | plus de 150 000 € |
Source : grilles Michael Page, Étude de rémunérations 2027, consultées le 25 octobre 2026. Le détail par années d’expérience n’est pas public.
Salaire selon l’expérience, à Paris et en régions
Silkhom publie des fourchettes par niveau (junior 0 à 2 ans, confirmé 2 à 5 ans, senior plus de 5 ans), en milliers d’euros brut par an. Nous retenons le data engineer (fiche ROME de l’appellation data manager) et le chef de projet BI.
| Niveau | Data engineer, Paris | Data engineer, régions | Chef de projet BI, Paris | Chef de projet BI, régions |
|---|---|---|---|---|
| Junior (0 à 2 ans) | 45 000 à 52 000 € | 36 000 à 45 000 € | 45 000 à 50 000 € | 35 000 à 40 000 € |
| Confirmé (2 à 5 ans) | 52 000 à 68 000 € | 45 000 à 58 000 € | 50 000 à 60 000 € | 40 000 à 50 000 € |
| Senior (plus de 5 ans) | 68 000 à 90 000 € | 58 000 à 70 000 € | 60 000 à 75 000 € | 50 000 à 60 000 € |
Au sommet de la filière, Silkhom situe le chief data officer à 120 000 à 140 000 € à Paris (100 000 à 115 000 € en régions) entre 2 et 5 ans dans le poste, puis 140 000 à 160 000 € au-delà (115 000 à 130 000 € en régions).
Salaire net par mois
Avec l’hypothèse détaillée dans notre article sur le salaire d’un ingénieur IA (prélèvements salariaux d’environ 23 %, soit un net égal à 77 % du brut, avant impôt sur le revenu), on obtient les ordres de grandeur suivants :
| Brut annuel | Net mensuel estimé |
|---|---|
| 40 000 € | environ 2 570 € |
| 45 000 € | environ 2 890 € |
| 62 500 € | environ 4 010 € |
| 85 000 € | environ 5 450 € |
Évolutions de carrière du data manager
Depuis le métier de data analyst, le ROME liste des mobilités vers le chief data officer, le délégué à la protection des données, l’architecte base de données et le chef de projet. Un data manager peut ainsi évoluer vers le management de la donnée (head of data, puis chief data officer), la conformité (DPO, avec une formation complémentaire en droit du numérique) ou l’architecture data si son poste est technique.
Une autre voie consiste à passer au conseil pour accompagner plusieurs entreprises : voir notre guide consultant data : rôle, missions et salaire.
FAQ : formation et métier de data manager
Quelle formation pour devenir data manager ?
La voie la plus courante est un Bac+5 en informatique, statistique, data science ou data management : master universitaire, diplôme d’ingénieur ou titre RNCP de niveau 7. Le ROME indique un Bac+5 pour le chief data officer et un Bac+2 à Bac+5 pour le data engineer. Une expérience de data analyst ou d’analyste BI est souvent demandée.
Quel est le salaire d’un data manager ?
Il n’existe pas de grille publique dédiée. Pour les postes les plus proches, Michael Page (étude 2027) indique en Île-de-France 40 000 à 80 000 € brut par an pour un data analyst ou data steward (moyenne 57 500 €) et 45 000 à 85 000 € pour un chef de projet BI (moyenne 62 500 €).
Quelle différence entre data manager et data analyst ?
Le data analyst exploite les données pour produire des analyses et des tableaux de bord. Le data manager organise les données elles-mêmes : règles de qualité, référentiels, documentation, droits d’accès et conformité. Beaucoup de data managers ont d’abord été data analysts.
Peut-on devenir data manager en reconversion ?
Oui, en partant d’une expertise métier. Il faut acquérir les bases (SQL, modélisation, un outil de BI), occuper un rôle de référent ou d’analyste sur les données de son domaine, puis viser une formation de niveau 7 en alternance, une VAE ou une certification comme le CDMP.
Quelle certification pour un data manager ?
La plus spécifique est le CDMP de DAMA International, fondé sur le référentiel DAMA-DMBOK, avec trois niveaux (Associate, Practitioner, Master) et un examen à 300 dollars. La certification Microsoft Power BI Data Analyst (examen PL-300) est utile pour la partie restitution des données.
Le data manager est-il responsable du RGPD ?
La conformité relève du responsable de traitement, c’est-à-dire de l’organisme, conseillé par son délégué à la protection des données lorsqu’il en a un. Le data manager y contribue en organisant les données : registre des traitements, durées de conservation, droits d’accès et qualité.
Sources consultées le 25 octobre 2026 : France Travail, ROME 4.0 version 62 (octobre 2026), fiches M1811, M1423, M1419, K2403 et K1906 ; Michael Page, étude 2027 : analyst BI, data analyst, data steward, chef de projet BI, data engineer, DPO, architecte data, chief data officer ; Silkhom, baromètre des salaires informatique 2026 (30 juin 2026) ; Hays, étude de rémunérations nationale 2026 ; CNIL, RGPD chapitre IV (articles 30 et 37), chapitre VIII (article 83) ; Commission européenne, Data Act ; DAMA International, certification CDMP ; Microsoft Learn, certification PL-300 (avril 2026) ; France Compétences, fiche RNCP41370, RNCP39978, RNCP40554 ; service-public.gouv.fr, salaire de l’apprenti.
Mastère 2 Data Analyst et Mastère 2 Ingénierie Data et DevOps préparant des titres RNCP de niveau 7, en formation initiale ou en alternance, au campus d’Écouen ou à distance.

